Le piratage musical n’a pas (encore) dit son dernier mot

Depuis longtemps, la musique entretient une longue histoire (de désamour) avec le piratage. Si l’on constate une baisse des téléchargements illégaux de morceaux et d’albums ces dernières années, il est possible que cette tendance soit en train de s’inverser. Explications.

Les plus optimistes ont cru que les services de streaming avaient réussi à convaincre les consommateurs qu’ils avaient tout intérêt à payer pour la musique. Il semblerait que certains fassent de la résistance. La société Muso a constaté que le piratage musical n’a cessé de baisser depuis 2017… avant de légèrement augmenter en 2021. Elle a observé une hausse de 2,18% par rapport à l’année précédente.

Ce phénomène s’explique par le fait que de nombreux mélomanes continuent d’avoir recours au “stream ripping” pour avoir en leur possession une copie pérenne d’un morceau ou d’un album. Ils ont recours pour ça à des sites qui proposent de convertir des contenus musicaux en fichiers MP3 audio ou vidéo grâce à un logiciel disponible gratuitement sur Internet, le programme Streamripper.

Le “stream ripping” représente 39,2% de tous les modes de piratage enregistrés en 2021, contre 33,9% l’année précédente. La popularité de cette pratique est surprenante étant donné les nombreuses actions en justice intentées contre des sites de “stream ripping” ces dix dernières années. En décembre, un juge américain a recommandé que les éditeurs de deux de ses sites versent plus de 80 millions de dollars de dommages et intérêts à l’association professionnelle américaine RIAA, pour avoir contourné les règles anti-piratage de YouTube.

Les sites de streaming illégaux représentent, eux, 31,5% du piratage musical constaté par Muso, contre 24,3% pour les téléchargements frauduleux. Les réseaux torrent sont les plus impopulaires auprès des mélomanes peu scrupuleux (5%). Le rapport de Muso, publié sur le site spécialisé Music Business Worldwide, affirme que le recours au piratage est inégal dans le monde. Il est particulièrement prévalent en Inde, suivi par l’Iran et les États-Unis. Par contre, ce n’est pas le cas au Royaume-Uni. Seuls 15% des Britanniques ont téléchargé illégalement des morceaux et des albums en 2021, selon un récent rapport de l’Intellectual Property Office.

Pour Andy Chatterley, CEO de Muso, il est essentiel que les services de streaming comprennent les mécanismes derrière le piratage pour endiguer ce problème. “Avec environ 3,5 milliards de personnes connectées à Internet dans le monde, et seulement 10% d’entre elles qui s’abonnent à des services de streaming musical, il existe une énorme opportunité de convertir davantage de personnes en abonnés payants. Le piratage est un moyen privilégié pour les trouver”, a-t-il déclaré.

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